Assurance vie ou assurance décès : les distinguer pour faire le bon choix

Homme devant son PC hésitant entre une assurance vie et une assurance décès
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Même si l’assurance vie et l’assurance décès ont en commun la possibilité de transmettre un capital à ses proches en profitant d’un cadre fiscal avantageux, ces deux contrats n’en sont pas moins différents. Pourtant, la confusion entre ces deux produits est fréquente.

Quelles sont leurs différences et similitudes ? Leurs avantages et limites ? Assurance vie et assurance décès peuvent-elles être complémentaires ? Décryptage.

Assurance vie : définition et objectif

L’assurance vie est un produit d’épargne et d’investissement qui répond à plusieurs objectifs de placement :

  • Constituer et faire fructifier un capital ;
  • Préparer sa retraite, pour obtenir un complément de revenu ;
  • Transmettre son patrimoine avec une fiscalité limitée.

Le fonctionnement d’une assurance vie

Le principe est le même que la plupart des solutions d’épargne : vous déposez de l’argent sur un compte, qui, selon la manière dont il est placé, procure un rendement plus ou moins important. Dans le cadre de l’assurance vie, pas de versements obligatoires, vous alimentez votre contrat de façon régulière ou ponctuelle.

Les sommes versées sur une assurance vie multisupport peuvent être investies sur deux types de supports :

  • Les fonds euros, qui se composent d’obligations d’État ou de grandes entreprises, parfois de supports immobiliers, et dont le capital est garanti en totalité ou à des niveaux très élevés (90 à 100 %). En contrepartie de ce placement sécurisé, le rendement des fonds euros est plutôt faible (1,28 % brut en 2021 selon l’ACPR et la Banque de France, avec une estimation autour de 2 % en 2022, mais avec une forte inflation).
  • Les unités de compte (UC), qui correspondent à des supports plus risqués (perte de capital possible), mais avec un meilleur rendement potentiel : actions de sociétés cotées (ou non) en bourse, parts de fonds communs de placement (FCP), de sociétés d’investissement à capital variable (SICAV), de fonds d’investissement financiers ou immobiliers (FCPR, FCPI, FIP, OPCI, SCPI), des parts de fonds ETF qui suivent l’évolution des indices boursiers, etc.

Plusieurs paramètres doivent être considérés pour choisir la meilleure assurance vie, mais la plupart des contrats d’assurance vie intègrent une part de capital investi en fonds euros et l’autre en unités de compte pour dynamiser le portefeuille. La répartition se fait en fonction du profil investisseur du détenteur : âge, situation personnelle et patrimoniale, objectifs et horizons de placement, aversion au risque, etc. Enfin, pour lisser le risque dans le temps, il est préférable d’investir sur le long terme en assurance vie.

Les avantages fiscaux de l’assurance vie

L’assurance vie est un outil d’épargne efficace, modulable selon votre situation, où les fonds ne sont pas bloqués, et qui bénéficie d’une fiscalité avantageuse :

  • Sur les retraits en cours de vie, notamment après 8 ans d’âge du contrat : prélèvement forfaitaire de 7,5 % + prélèvements sociaux de 17,2 %.
  • Lors de la transmission après le décès de l’assuré. En effet, le capital versé aux bénéficiaires n’entre pas dans l’actif successoral, et profite d’un abattement de 152 500 € exonéré de droits de succession (exonération totale entre époux ou partenaire de Pacs).

Le fonctionnement d’une assurance vie en cas de décès ouvre la possibilité au détenteur de léguer son patrimoine à des personnes physiques ou morales avec ou sans lien de parenté direct (nièce, frère, associations, etc.) grâce à la clause bénéficiaire du contrat, en dérogeant aux principes de « quotité disponible » et de « réserve héréditaire », dans les limites légales.

Assurance décès : définition et objectif

Contrairement à l’assurance vie, l’assurance décès est un contrat de prévoyance qui consiste à protéger financièrement les proches du défunt, par le versement d’un capital après son décès, voire en cas d’invalidité. En contrepartie du paiement régulier d’une prime, et en cas de décès du souscripteur, la compagnie d’assurance versera une somme prédéfinie aux bénéficiaires.

Assurance décès temporaire ou plutôt « vie entière » ?

Les assureurs proposent généralement deux formules d’assurance décès :

  • L’assurance décès temporaire qui est souscrite pour une durée déterminée : souvent 10, 15, 20 ou 25 ans selon l’âge au moment de l’adhésion. Si l’assuré ne décède pas avant la date d’échéance du contrat, aucun capital ne sera versé et l’ensemble des cotisations sera perdu.
  • L’assurance décès vie entière. Dans ce cas, le souscripteur paye des cotisations tout au long de sa vie et le contrat ne prend fin qu’au décès, sauf résiliation anticipée en cours de vie, à la demande du détenteur. Avec ce type de contrat, le versement d’un capital ou d’une rente au bénéficiaire est sûr, et les fonds investis ne sont donc jamais perdus.

Bon à savoir : Une clause de rachat est parfois présente aux contrats vie entière pour laisser la possibilité au souscripteur de récupérer tout ou partie des fonds versés en cas de résiliation.

Coût d’une assurance décès

Le montant des primes d’une assurance décès est fixé d’après plusieurs éléments :

  • L’âge du souscripteur : plus l’assuré est âgé, plus la compagnie d’assurance prend de risque, d’où une cotisation plus élevée. C’est pourquoi on ne peut généralement pas souscrire après 70 ans.
  • Le montant du capital garanti choisi (souvent entre 10 000 € et 50 000 €, parfois beaucoup plus).
  • Les garanties souscrites (décès, perte d’autonomie irréversible, invalidité de travail, etc.).
  • L’état de santé du souscripteur : un questionnaire de santé (voire une visite médicale) permet à l’assureur d’évaluer le risque de décès prématuré et d’adapter le montant de la cotisation, ou même parfois, de refuser le dossier.

Le coût d’une assurance décès doit donc être étudié au cas par cas. Malgré tout, on peut considérer que pour un capital garanti de 30 000 €, la cotisation annuelle varie d’environ 45 € si le souscripteur a 30 ans, à plus de 300 € s’il a 60 ans à l’ouverture du contrat. Il convient donc de comparer les tarifs et conditions de prise en charge auprès de plusieurs organismes.

Bon à savoir : Toutes les causes de décès ne sont pas obligatoirement couvertes. Si le suicide est toujours exclu, certains contrats prennent en compte toutes les autres situations (maladie ou accident) et d’autres ne couvrent que les causes accidentelles et pas la maladie. La pratique d’un sport à risque, la participation à une émeute ou la consommation régulière de drogue sont d’autres cas d’exclusions possibles.

Assurance vie et assurance décès : comparaison

Des caractéristiques différentes…

Nature du contrat, disponibilité des fonds, versement des primes… l’assurance vie et l’assurance décès ne fonctionnent pas de la même façon.

Tout d’abord, l’assurance vie est un placement financier, dont le but premier est clair : obtenir un rendement à partir d’un capital investi sur des supports financiers. L’assurance décès est une solution de prévoyance, où l’argent versé sert à « acheter un service » auprès d’un assureur qui garantit le paiement d’un capital aux bénéficiaires lors du décès, sauf dans le cas d’un contrat d’assurance décès temporaire, si votre décès n’intervient pas avant échéance.

Ensuite, là où l’assurance vie permet de retirer tout ou partie des sommes investies (pour constituer un apport immobilier par exemple), c’est quasiment impossible avec un contrat d’assurance décès.

Enfin, l’assurance vie offre plus de souplesse en termes de versements, il n’y a pas de cotisation obligatoire, contrairement à l’assurance décès.

…mais des points communs entre l’assurance vie et l’assurance décès

Les deux types de contrats vous permettent de transmettre un capital à vos proches en cas de décès, généralement en dehors de votre succession, avec une fiscalité attractive :

  • Exonération d’imposition jusqu’à 152 500 € dans les deux cas, pour les versements effectués avant 70 ans.
  • Primes versées à partir des 70 ans de l’assuré, soumises aux droits de succession après un abattement de 30 500 €, applicable sur l’ensemble du contrat et non pour chaque bénéficiaire.
  • Dans les deux cas, les sommes versées au conjoint ou partenaire de PACS sont exonérées d’imposition en totalité.

Le versement des fonds aux bénéficiaires peut s’effectuer sous forme d’un capital en une seule fois ou sous forme d’une rente.

Autre point commun, vous pouvez choisir librement vos bénéficiaires : un excellent moyen pour favoriser un proche ou une cause qui vous tient à cœur.

Pour conclure, faut-il choisir entre assurance vie et assurance décès ?

Ces deux types de contrats remplissent des rôles différents, mais peuvent être complémentaires selon votre situation personnelle, vos objectifs et vos revenus. Un père qui élève seul ses 3 jeunes enfants pourra par exemple ouvrir une assurance vie dans l’optique de constituer un capital pour financer leurs études, et souscrire à une assurance décès pour aider ses proches financièrement s’il venait à décéder.

C’est pourquoi il est important d’étudier vos besoins, d’établir votre profil investisseur avec un conseiller en assurances ou un conseiller en gestion de patrimoine par exemple, pour déterminer la ou les solutions les mieux adaptées à votre situation. Dans tous les cas, l’assurance vie et l’assurance décès peuvent vous permettre d’envisager le futur avec plus de sérénité.

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Michaël Marrot

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