Magalie Delandsheer – Avocate M&A

Le Finclub a rencontré Magalie Delandsheer, avocat collaborateur en M&A au sein du Cabinet Edge Avocats pour parler de son quotidien professionnel.

À quoi ressemble le quotidien d’un avocat en M&A ? 

J’accompagne principalement les entreprises et les fonds d’investissement dans le cadre de leurs opérations de croissance externe ou de restructurations.

Mon rôle est d’assister le client tout au long du processus d’acquisition. En fonction du dossier, j’interviens aux côtés de l’avocat associé dès le stade des négociations initiales entre les parties jusqu’à la réalisation définitive de l’opération (« Closing »).

Au quotidien, nous échangeons très régulièrement avec les clients, les confrères et les autres intervenants du dossier (organisation de conférences téléphoniques, réunions d’étape, échanges d’emails…) et veillons à assurer une bonne communication entre toutes les parties prenantes.

Il est très difficile de décrire une journée « type », justement car celle-ci est rythmée par l’évolution des échanges et les nombreux rebondissements dans les dossiers.

Notre métier comporte un important travail de préparation, de rédaction et d’analyse de la documentation juridique qui sera signée entre les parties. Il est important, à cet effet, de se tenir à jour des actualités juridiques, très nombreuses dans notre matière, par une « veille juridique » quotidienne. Les aspects purement financiers (travaux d’évaluation et de valorisation, audit financier) sont gérés par des cabinets spécialisés avec lesquels nous collaborons étroitement sur le dossier.

Quand on parle de veille juridique et de rédaction, qu’est-ce qui est sous-entendu ? 

La veille juridique consiste à se tenir informé en permanence des évolutions législatives et règlementaires, concernant particulièrement notre domaine d’expertise. Nous utilisons des outils juridiques tels que Navis (Editions Francis Lefebvre), Lexisnexis, Lamyline….

Nous utilisons ces mêmes outils afin de valider/clarifier certains points de droit en s’appuyant, le cas échéant, sur la doctrine des différents auteurs.

En ce qui concerne la rédaction de la documentation juridique, cela peut comprendre en fonction de notre stade et degré d’intervention, la lettre d’offre fixant les principales conditions de l’opération, l’accord de confidentialité, le protocole d’accord sous conditions suspensives, la documentation de financement, la garantie d’actif et de passif et le pacte d’associés.

Selon le dossier, nous intervenons soit en tant que rédacteur ou co-rédacteur soit en revue des projets d’actes rédigés par un confrère. En règle générale, les projets de documentation juridique font l’objet de nombreux allers-retours entre les différentes parties et leurs Conseils afin de parvenir aux versions définitives de signature.

Comment devient-on avocat en M&A et quelles qualités faut-il développer ? 

La profession d’avocat est une profession réglementée qui suppose d’être titulaire du Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA), diplôme délivré à l’issue d’une formation de 18 mois au sein d’un centre de formation à la profession d’avocat (l’EFB à Paris), comprenant une phase de 6 mois d’enseignement, une phase de 6 mois dédiée au Projet pédagogique individuel (stage dans une structure liée au monde du droit, hors cabinet d’avocats) et une phase de 6 mois de stage en cabinet d’avocats. Après avoir prêté serment, l’élève avocat demande alors son inscription au tableau de l’Ordre du barreau de son choix.

Pour ma part, je suis titulaire d’un Master 2 DJCE (Diplôme de Juriste Conseil d’Entreprise), formation reconnue dans le milieu professionnel et délivrée au sein de 11 centres en France, alliant une formation théorique et pratique approfondie en droit des affaires. J’ai effectué mon PPI en alternance à l’EDHEC Lille afin d’apporter une dimension plus « économique » à mon cursus scolaire.

Les métiers en M&A sont des métiers exigeants qui demandent une disponibilité et un investissement importants, de la rigueur et beaucoup de réactivité afin de répondre aux demandes souvent urgentes du client. 

Un dernier mot pour les étudiants qui seraient intéressés par ce métier ? 

Foncez, c’est un métier certes exigeant et parfois difficile, mais tellement passionnant !